[AGIR] S1E5 – Laissez tomber la perfection !

par | Fév 3, 2019 | Article, Podcast, Vidéo | 0 commentaires

En « scrollant » cette page, vous pourrez consulter son contenu en : (1) vidéo, (2) podcast ou (3) texte.

EN VIDEO

EN PODCAST

 

 RETRANSCRIPTION

 

Ça vous dit quelque chose cette question en entretien d’embauche : « Citez-moi 3 défauts et 3 qualités » ? Une question tellement pertinente qu’elle appelait chez vous un grand moment de vérité et de transparence, et surtout un brainstorming intense pour trouver un défaut qui soit aussi une qualité, comme par exemple : « je suis trop… perfectionniste ». C’est sûr que ça sonne mieux que « je suis super bavarde, je vais saouler tout l’open space à longueur de journée ».

 

Dans ce 5ème épisode de la série « Agir », on va parler de la problématique du bavardage en entreprise euh… non, pardon, du perfectionnisme. 

Alors si vous avez déjà répondu « je suis un peu trop perfectionniste » à la question de vos défauts et bien, vous avez bien mis le doigt sur quelque chose. Le perfectionnisme est à la fois une qualité et un défaut. Poussé à l’extrême, le perfectionnisme est même un défaut très handicapant. En fait, c’est comme l’alcool, c’est à consommer avec modération. 

Alors comme « qualité », être perfectionniste :

  • Ça pousse à faire un travail de qualité
  • Ça permet de ressentir de la satisfaction, une fois le travail ou l’action mené à bien
  • Et ça incite à se dépasser pour faire toujours mieux.

Côté « défaut », être perfectionniste, ce sont presque les mêmes arguments mais dans leur facette négative :

  • Le travail n’est jamais réellement fini car il peut toujours être amélioré
  • On considère que le travail n’est jamais assez bien (ce qui génère une insatisfaction chronique)
  • Et ça peut même générer du découragement face à l’ampleur de la tâche, voire de la procrastination car si le faire parfaitement est si difficile, autant ne pas le faire plutôt que de le faire à moitié.

Bref, 3 points partout, difficile de départager !

Alors, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : viser haut est une bonne chose et un moteur pour beaucoup de personnes. Le perfectionnisme ne devient problématique que lorsqu’il engendre des comportements toxiques pour vous comme la démotivation, l’anxiété ou l’insatisfaction chronique.

Lorsque l’on en arrive à ce stade, la recherche de la perfection peut devenir obsessionnelle et entraîner la mise en place de comportements contre-productifs, qui sont autant d’excuses pour ne pas mener à bien le travail ou l’action :

  • Collecter, voire accumuler, toujours plus d’informations ou de formations pour se sentir expert du sujet (et ça ne s’arrête jamais)
  • Passer un temps disproportionné sur certaines choses pour un bénéfice additionnel très relatif
  • Sur-analyser les situations ou les actions pour y chercher un sens caché qui n’existe pas et finalement dans l’indécision.

Alors d’où ça vient ce perfectionnisme toxique ?

Et bien, selon les personnes, cela peut venir :

  • D’un environnement qui survalorise la culture de l’excellence et de la performance (parents, école, société où l’on veut « être à la hauteur » du regard des autres)
  • D’un besoin fort d’être valorisé (un besoin narcissique)
  • D’un manque de confiance en soi (où l’on pense que notre valeur dépend uniquement du résultat de nos actions)
  • Ou encore d’un besoin de contrôle très fort.

Et tous ces éléments font que lorsque l’on est trop perfectionniste, on se retrouve à être dans un mode de pensée binaire où c’est « tout ou rien ». Il n’y a plus de mesure, on adopte des comportements rigides.

On l’a vu, l’une des conséquences principales du perfectionnisme poussé à l’extrême est la paralysie dans l’action et dans la prise de décision. Ce qui le rend très chronophage et, plus grave, nous éloigne souvent de ce qui est réellement important pour nous.

Si vous vous reconnaissez dans ces différents comportements toxiques générés par un perfectionnisme trop poussé, pas de panique, il existe des solutions.

Pour se débarrasser d’une mauvaise habitude, il y a toujours 2 temps : REFLEXION et ACTION.

Tout d’abord, vous devez identifier consciemment les tâches pour lesquelles vous faites preuve d’un perfectionnisme démesuré. Le plus souvent ce sont des choses liées au travail. Ensuite, posez-vous la question de savoir si être perfectionniste sur ces tâches est quelque chose qui vous aide à être meilleur et plus efficace (le plus souvent la réponse est non).

Maintenant je vous propose un petit exercice à faire chez vous cette semaine. Prenez un papier et notez vos objectifs prioritaires personnels et professionnels (dossier à rendre, temps en famille, sorties entre amis…). Ensuite, à la fin de la semaine, reprenez votre papier et notez ce sur quoi vous avez passé votre temps. En général, vous allez vous rendre compte que votre perfectionnisme vous a poussé à passer la plupart de votre temps sur des tâches qui ne sont pas en lien avec vos objectifs prioritaires.

Bon, maintenant que vous voyez de manière rationnelle les points négatifs engendrés par le perfectionnisme, passons à la partie ACTION.

L’objectif ici n’est pas supprimer notre tendance au perfectionnisme, mais de la diminuer un peu pour ne conserver que la partie « recherche d’excellence » et nous débarrasser de la partie « perfectionnisme maladif ».

Vous connaissez la loi de Pareto ? Ou le principe 80-20 qui dit que 80% des effets sont le produit de 20% des causes, en gros 20% de vos efforts vous apportent 80% des résultats. Donc, appliqué au perfectionniste, cela veut dire faire un tout petit moins sur la partie des 80 % d’efforts qui apportent peu de résultats.

Pour cela, vous pouvez procéder en 3 étapes :

1) Définissez des objectifs réalistes pour les tâches où vous avez tendance à être trop perfectionniste (celles listées dans la partie REFLEXION). Le mot-clé ici est réaliste, cela veut dire abandonner les ambitions grandioses et se concentrer sur des objectifs challengeants mais atteignables et dont vous pouvez mesurer les résultats. Je parle souvent de la nécessité de se fixer des objectifs parce que c’est la base du passage à l’action. Si on ne sait pas où on va (ce que l’on veut), difficile de savoir quoi faire et d’agir. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez regarder la vidéo #1 de la série sur comment fixer ses objectifs.

2) Ensuite déterminez les différentes étapes pour les atteindre et attribuez-leur une durée et une échéance que vous vous engagez à respecter. Le fait de borner vos tâches vous permet, à la fin du délai, de vous posez la question de la pertinence de perfectionner encore le travail par rapport à ce que ça apporterait de plus (analyse coûts/bénéfices).

3) Enfin, essayez d’aborder ces différentes tâches dans une intention d’expérimentation. Le perfectionnisme étant une forme excessive de rejet de l’échec (parfait ou rien !), en envisageant vos actions comme des expérimentations, il n’y a pas d’échec possible, seulement des essais. En passant en mode « expérimentation », cela vous permet aussi de retrouver du plaisir à faire les choses, plutôt que de rester bloqué entre contrainte et culpabilité.

En acceptant de baisser un tout petit peu vos standards (qui sont de toute façon irréalistes pour votre équilibre personnel), vous gagnerez en qualité de vie : moins de stress et plus de temps disponible. En définissant des objectifs réalistes, vous vous sentirez plus satisfait de vos actions car vous aurez (enfin !) les moyens de les atteindre et surtout de vous faire plaisir et d’expérimenter.

Rappelez-vous que le plus important est d’initier l’action, de faire plutôt que de viser la perfection et de ne jamais se lancer ou de ne jamais être satisfait. Sortez de la pensée « parfait ou rien » pour adopter plutôt le mode « better done than perfect », c’est-à-dire mieux vaut fait que parfait.

Donc, concentrez-vous sur vos objectifs et passez à l’action ! Si vous ne les avez pas clairement définis, vous pouvez télécharger gratuitement la fiche outil « fixez vos objectifs » en cliquant sur le bouton ci-dessous.

A vous de jouer : soyez merveilleusement imparfait ! Vous allez voir ça repose…

Share This

Share This

Share this post with your friends!