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[AGIR] S1E2 – Arrêter de se comparer aux autres

par | Jan 13, 2019 | Article, Podcast, Vidéo | 0 commentaires

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Comment se comparer aux autres intelligemment ?

Se comparer aux autres c’est vraiment un truc qui me déprime. Quand je le fais, systématiquement je trouve que les autres se débrouillent mieux. Et j’ai l’impression qu’on le fait tous à un moment ou à un autre. Ça peut être le mec qui a le même costume que vous un mariage et sur lequel ça rend beaucoup mieux, un collègue dont on a l’impression qu’il réussit toujours ses projets quand nous on galère sur les nôtres, la nana d’à côté sur le court de tennis qui ne rate jamais une balle quand toutes les nôtres finissent dans le filet…

Dans ce 2nd épisode de la série « Agir », on va voir pourquoi on se compare toujours aux autres et comment on peut faire en sorte de s’en passer ou d’en faire quelque chose de motivant.

Parce que, quand on se compare aux autres, ça finit généralement par avoir un effet négatif : On est jaloux des autres, on se sent déprimé, on a l’impression qu’on est nul et qu’on n’en fait jamais assez…

Le problème avec ce type de comparaison, c’est qu’on se compare toujours avec le meilleur du sujet dans lequel l’on est souvent le plus nul. Et même si, rationnellement, on sait qu’on ne devrait pas faire cette comparaison, impossible de s’en empêcher.

Alors qu’en fait on est dans l’illusion de l’iceberg, c’est-à-dire que l’on voit surtout la réussite des autres (le résultat final) et non tous les efforts qu’ils ont dû fournir pour y arriver. Et c’est quelque chose qui est vraiment entretenu par ce que l’on voit dans les médias ou sur Internet, parce que finalement on ne parle que des extrêmes : ceux qui ont eu des succès faramineux ou ceux qui ont échoué, mais on ne parle jamais de ceux qui se trouvent entre les deux. Pourquoi ? Parce que les efforts ce n’est pas vendeur, ça ne fait pas envie.

Et c’est vrai que l’on vit dans un monde où il y a une culture de l’instantanéité, où maintenant si une page internet mais plus de 3 secondes à charger je change de site, ou si mon Uber n’arrive pas dans les 3 prochaines minutes, j’annule et je vais demander à Chauffeur Privé, ou si le livre que j’ai commandé sur Amazon met plus de 2 jours à arriver, je râle. Et ça entretient complètement l’illusion de l’iceberg, je ne vois que la réussite et pas les efforts qu’il y a derrière. Et si je vais un peu plus loin, je dirais même que je veux la réussite mais que je ne veux pas les efforts et ça, ce n’est pas possible. Parce que la réussite des gens auxquels je me compare, c’est la conclusion directe des efforts qu’ils ont fait, de l’engagement, du temps qu’ils ont passé, des moments de découragement ou de doute, de tout ce qu’ils ont testé avant et qui n’a pas marché…

Et pour nous encourager encore plus dans cette comparaison négative maintenant il y a les réseaux sociaux avec, par exemple, l’effet Facebook ou l’effet Instagram. Où l’on est dans l’exposition de soi et la surenchère, c’est à qui mettra les plus belles photos de vacances, les meilleurs restos, les meilleurs concerts. On est limite dans une mise en scène de soi. Et pourtant quand on le fait nous on sait que ce que l’on montre ce n’est pas notre réalité au quotidien, ce sont des moments choisis pour faire envie aux autres, pour prouver que nous aussi notre vie est « merveilleuse ». Si l’on est honnête qu’est-ce qu’on montre vraiment sur ces réseaux sociaux ? C’est rarement la tête du matin quand on vient de se lever, ou les fois où on n’a rien envie de faire le dimanche et l’on reste en pyjama la moitié de la journée… Non, évidemment on choisit ce que l’on montre. Mais l’on a un peu tendance à l’oublier lorsque l’on regarde les posts des autres. Pourtant, eux aussi ne sont pas différents de nous et, eux aussi, choisissent ce qu’ils nous montrent.

Alors pourquoi est-ce que l’on fait ça ? Se comparer aux autres ?

Le plus souvent on se compare pour se rassurer : sur nos compétences, notre statut social ou encore pour renforcer notre estime de nous. Ce besoin de comparaison est directement lié au poids que l’on accorde au regard des autres. C’est quelque chose qui est profondément enraciné dans notre histoire. En effet le besoin d’acceptation ou d’appartenance à un groupe a historiquement assuré la survie de l’espèce humaine. À l’époque de la préhistoire, être seul, ne pas faire partie d’une communauté, était le plus souvent synonyme de mort.

Mais même sans remonter aussi loin, l’école ou même notre éducation nous a déjà bien conditionné à nous comparer aux autres. Il existe même un effet qui s’appelle la mare aux poissons qui indique que toute comparaison que l’on peut faire est relativeSi par exemple je gagne 2000 € de salaire et que tous mes collègues en gagnent 1500, je me sentirai privilégié. À l’inverse si tous les autres gagnent 2000 € et moi seulement 1500, je vais me sentir nul. C’était la même chose en classe en fonction de la moyenne des autres élèves. Un 12 sur 20 pouvait nous faire sentir super fort ou super nul selon que les autres avait eu plus ou moins. Et ce côté  » mare aux poissons » nous incite être manichéen : avoir les choses de manière extrême, tout noir ou tout blanc, je suis nul ou je suis géniale.

Un psychologue américain, Léon Festinger, a décrit cela dans sa théorie de la comparaison sociale. On ne va pas revoir ici toutes les études qui ont été faites sur le sujet mais ce qu’il est important de noter c’est qu’il y a 3 types de comparaison possible :

  • La comparaison ascendante, celle qu’on pratique le plus où l’on se compare à meilleur que soit sur un sujet dans lequel on est le plus nul,
  • La comparaison descendante, qui n’est pas toujours très reluisante puisque l’on se compare à quelqu’un que l’on estime « inférieur à soi » (et oui, on peut se sentir mieux juste après mais en général on culpabilise rapidement après),
  • et enfin la comparaison latérale où l’on se compare à quelqu’un qui nous ressemble.

Bon si je continue comme ça on va finir par tous déprimer ! Donc sachez qu’il existe des solutions. La première c’est d’arrêter les comparaisons, plus facile à dire qu’à faire je le reconnais. Pour ma part je continue encore à en faire. Mais j’ai appris à mieux les gérer.

Donc ce que vous pouvez faire se passe en deux temps : Réflexion et action

D’abord prenez conscience des moments où vous vous comparez, parce que finalement on le fait souvent de manière automatique et inconsciente. Donc, quand vous le faites, notez à quel moment cela se passe, qu’est-ce qui s’est passé à ce moment-là ou juste avant pour que vous fassiez une comparaison, et surtout pour quelle raison vous le faites ? Pourquoi ? Et vous vous rendrez probablement compte, que cela arrive souvent dans les mêmes situations, le même contexte et pour la même raison. Sans faire de psychologie de bas étage, il serait probablement intéressant de creuser ses raisons…

Maintenant que vous avez pris conscience des moments où cela arrive et pour quelle raison, il y a 4 choses que vous pouvez faire :

(1) Si cela concerne ce que vous voyez de la vie des autres sur les réseaux sociaux, je vous conseillerai bien une diète complète d’Instagram et de Facebook, mais je n’y crois pas trop. Donc, dans ces cas-là, essayez de remettre les choses en perspective et rappelez-vous que les gens ne montrent que le meilleur et jamais les galères.

(2) Si jamais vous tombez quand même dans la comparaison, une astuce c’est d’essayer d’inverser les rôles. Comme l’on se compare généralement à des personnes qui sont expertes du sujet alors que nous avons une grosse marge de progression, faites l’exercice de vous comparer à cette même personne dans un domaine où vous êtes expert et où l’autre est « nul ». C’est assez libérateur, et cela remonte le moral car personne n’est bon en tout. Comme pour les réseaux sociaux, remettez les choses en perspective et arrêtez d’idéaliser la vie des autres. D’ailleurs si l’occasion se présente, pour briser l’illusion de l’iceberg, demandez à la personne à laquelle vous vous comparez les obstacles qu’elle a pu rencontrer pour réussir.

(3) Plutôt que de vous comparer à meilleur que vous (comparaison ascendante), demandez-vous : « à quelle personne à mon niveau de progression puis-je me comparer sur ce sujet ? » (comparaison latérale). Et profitez-en pour vous féliciter de vos succès et identifier vos points d’amélioration.

(4) Et enfin, la meilleure personne à laquelle vous puissiez vous comparer c’est vous-même. Pourquoi ? Parce que vous évoluez tous les jours, tous les mois, tous les ans et qu’en plus c’est la comparaison la plus équitable possible (sachant en plus que les êtres humains sont réputés pour être très mauvais dans leurs estimations de à quel point ils vont changer dans le futur).

 

L’objectif de ces différents exercices et de vous permettre – si vous n’arrivez pas à arrêter les comparaisons – tout du moins à faire en sorte qu’elle soit source de motivation et de progression.

Donc cette semaine si vous vous surprenez à vous comparer, prenez le temps d’identifier le contexte, la raison et la personne à laquelle vous vous comparez et ensuite essayez une des 4 options que l’on a évoquées :

1) Prenez du recul sur les réseaux sociaux et rappelez-vous que l’on n’y montre que le « meilleur »

2) Inversez les rôles

3) Corrigez votre comparaison en passant d’une comparaison ascendante (à meilleur que vous) à une comparaison latérale (à une personne semblable)

4) Reconnaissez votre propre progression en vous comparant à votre vous d’il y a 1 an, 3 ans ou 5 ans.

 

A vous de jouer, essayez de tester les différentes techniques évoquées durant l’épisode !

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